Chapitre 1

Cela faisait à peine quelques mois que j’étais passé au service de Dame Fulvie quand Elle me fit savoir, la veille du départ qu’Elle projetait pour moi, qu’Elle désirait me donner à une de Ses amies. Même si je n’ignorais pas que c’était le lot de tout soumis qu’un jour, une telle chose n’arrive, je ne m’y attendais pas, et en fus profondément secoué. Elle m’avait exceptionnellement fait venir chez Elle le vendredi soir pour m’expliquer Sa volonté de se séparer de moi. Si j’avais, évidemment, accepté -ou plutôt, il serait plus juste de dire que j’avais acté Sa décision sans broncher- je m’étais ouvert à Elle quant à ma grande tristesse, d’autant que je ne m’y étais pas préparé, et je ne voulais Lui cacher la peine que j’avais qu’Elle veuille se débarrasser de moi, sans en comprendre la cause, peut être seulement fatiguée de mes imperfections, ou simplement parce que lassée par moi.

C’était ainsi. Mais Madame me dit me respecter assez pour m’offrir, auprès d’une autre, une seconde chance. je l’en remerciais, sans enthousiasme.

Ce soir là, sans pour autant m’en dire plus sur Son projet, comme pour me marquer un signe d’attention, Elle me fit l’honneur de me faire coucher dans Sa chambre. Cette dernière nuit fut la plus douce de toutes celles que nous avions eues.

Mais il me fallait pourtant l’accepter. mon service auprès d’Elle avait pris fin.

Sans aucun doute, si cela avait été humainement envisageable, Dame Fulvie aurait souhaité me faire livrer à Son amie nu et ficelé, et peut-être même fourré comme une dinde dans quelque solide paquet baladé entre des commandes de livres, de café, ou de vêtements au fond d’une camionnette, comme un objet apprêté et près à être consommer par Sa destinatrice, nulle doute qu’Elle se serait délectée, une dernière fois, d’ajouter à mon humiliation en demandant à ce qu’on me prenne en photo lors du déballage du colis afin de pouvoir juger, Elle-même, du degré de déstabilisation que j’aurais pu atteindre… Mais, pour le coup, je ne pouvais que m’en féliciter, la poste et ses délais étant ce qu’ils sont, et ma destination trop éloignée, Elle se résigna à me faire prendre le train.

Elle me conduisit à la gare de Moulins, très tôt ce samedi là, sans plus de bagage que un ticket de métro et un billet de vingt euros pour me permettre ma traversée de Paris et d’acheter de quoi manger, et un courrier scellé que je devais remettre à la Dame auprès de qui Elle m’envoyait.

De ce qui avait motivé mon “expulsion”, je ne savais pas plus que la veille, mais je souffrais de constater Lui avoir déplu et désespérais qu’Elle me punisse ainsi en me privant d’Elle à jamais. j’avais réussi, un temps, durant la nuit à me rassurer, et maintenant éprouvais une bizarre satisfaction à m’être laisser convaincre que, sans doute, Elle me pensait maintenant assez bien éduqué pour m’imposer cette sorte de renaissance que constituait ce voyage, et la rencontre qu’Elle avait souhaité que je fasse. Était-ce sans retour? Pour autant, je le pensais… désespérément.

Avant de me quitter, Elle me fit cette dernière recommandation.

“Considère la Dame que tu vas voir comme LA Maîtresse que je t’ai choisie, et que tu dois désormais servir. Je te confie à Elle, complètement. Sa volonté, Ses désirs, Ses envies, seront comme les Miens. Elle aura tout pouvoir sur toi, et tu Lui obéiras comme tu m’obéis, et Je compte sur toi pour éviter que les fautes que tu pourrais faire ne rejaillissent sur Moi! Nul doute que tu as des qualités, et il se pourrait bien qu’Elle veuille de toi à Son service, si tu continus dans ta voie. ”

Dame Fulvie m’assura qu’on viendrait me chercher à la gare où j’arriverai. Elle me fit comprendre que je n’avais rien d’autre à savoir, sinon qu’Elle espérait pouvoir être fier de ma conduite à venir, car cette amie comptait énormément pour Elle, et qu’Elle ne m’aurait pas donné à Celle-ci si Elle me jugeait incapable de La satisfaire.

je ne su donc pas, jusqu’à ce qu’Elle me donne les billets, où j’allais, ni auprès de Qui Elle m’envoyait, et c’est seulement quand je franchis les portes de la gare que je connus ma destination finale.

Nantes.

Le trajet me sembla long, d’autant que quand je Lui avais demandé, Dame Fulvie ne m’avait pas permis de prendre quelque lecture que ce soit. Rien qui puisse me sortir des idées sombres que je broyais.

“Contente toi de réviser tes gammes, petit homme, intériorise seulement que tu es le jouet que j’ai décidé de donner à une amie, Je te veux comme neuf, à l’arrivée.”

je restai tout le trajet sagement assis, l’enveloppe en kraft où se lisait au feutre noir “de Dame Fulvie à la Dame de la Côte” posée sur mes genoux, face retournée pour ne pas que mes voisins s’imaginent… ou devinent… ce que je savais moi… mon sexe lisse et encagé me rappelait avec une constance entêtante mon statut de soumis, seulement perdu entre deux appartenances.

Durant les longues heures à ainsi méditer sur le sort qui m’attendait, comme durant ma traversée de Paris, j’essayais de me concentrer sur ce que Dame Fulvie avait appelé une “nouvelle découverte”. mon esprit vagabondait, je tentais de m’imaginer quel accueil me serait réservé, et qui, surtout, j’allais devoir servir. Les indices se résumait à ces mots, une amie, la “Dame de la Côte”, et je me perdis en de vaines conjectures, tentant d’imaginer à quoi cette Dame pouvait ressembler, aux attentes qui pourraient être les Siennes, aux services qu’Elle souhaiterait que je Lui donne, ou encore à la manière qu’Elle aurait d’imposer Sa volonté… Même si je n’avais jamais servi d’autres Dominas que Dame Fulvie, j’avais bien conscience qu’Elles étaient chacune unique… Cependant, pris dans mes pensées, je cherchais à trouver une espèce de dénominateur commun, qui aurait pu être comme le fil conducteur que je pourrais suivre, afin de pouvoir sinon satisfaire au mieux, au moins être agréable à cette mystérieuse Dame de la Côte, quelles que seront Ses attentes. je me répétais les paroles de Dame Fulvie. “Sa volonté, Ses désirs, Ses envies, seront les Miens.” Il me faudrait ne pas l’oublier. Quoiqu’Elle veuille de moi. Il m’avait semblé sentir, dans l’enveloppe que je devais bientôt donner, quelque chose d’assez dur et lourd pour que je l’identifie à la clé de ma cage. j’en étais, pour tout dire, apeuré, comme si la perspective d’appartenir complètement à une Autre constituait une trahison, un tabou, une limite que je ne devais enfreindre, mais que je devrais subir, et à laquelle je devrais me plier, pour satisfaire une dernière fois Madame Fulvie.

Et si, finalement, Maîtresse me testait. Oui! Était-ce cela, l’objet d’un test? Pourquoi, alors, m’aurait Elle dit qu’Elle me rejetait…

Souffrance…

Quand j’arrivais en gare de Nantes, je m’étais persuadé que, comme tout mâle, j’avais fait preuve d’un stupide péché d’orgueil en plaçant entre mes jambes l’attrait premier que je pouvais constituer aux yeux d’une Femme qui pourrait vouloir de moi à Son service. je décidais donc que je m’en tiendrais à ma promesse d’honorer cette Dame du mieux que je pourrais, qu’Elle est ou non l’envie d’utiliser la clé qui symbolisait mon esclavage, qu’Elle décide ou non de faire de moi Son soumis.

La gare de Nantes était animée, et grouillait d’une foule bigarrée. Et quand j’y mis le pied, c’était avec plus de trois quart d’heure de retard. je n’avais qu’une crainte… ne plus y être attendu. Mais, très vite, je vis en bout de quai une femme portant un écriteau…

“monsieur petithomme”

je rentrais la tête dans mes épaules et je souris de la perversité de la Dame qui m’avait abandonné, et du dernier clin d’œil qu’Elle m’adressait alors.

Vingt mètres nous séparaient encore, et je profitais qu’Elle ne m’ait pas encore repéré dans la foule pour me ravir de Son éblouissante beauté. Elle était plutôt petite, je Lui donnais approximativement l’âge de ma Maîtresse, peut être un ou deux ans de plus, la finesse de Sa silhouette mise en valeur par une robe d’été pastelle, légère et sans manche, qui laissait entrevoir Ses courbes exquises et admirer l’incroyable blancheur de Ses bras et Ses jambes nus, de superbes cheveux roux encadraient en cascades un visage plutôt rond et, lui aussi d’une pâleur d’ivoire, divinement moucheté de tâches de rousseur. je me sentis presque défaillir, et j’allais à Elle, très fébrile, avant de La saluer en me courbant jusqu’à la main qu’Elle me tendit dès qu’Elle me vit.

Elle me fit me redresser, plongea deux yeux verts assez froids dans les miens

“Please to meet You!”

Surpris autant qu’un peu gêné de l’entendre parler anglais, je Lui répondais sans attendre:

“Please to meet You too, apologies for my bad English, do You speak French?”

Elle acquiesça, tout en prenant l’enveloppe que je Lui tendais.

Rassuré, j’osais dans ma langue.

“Comment dois-je Vous appelez, Madame?

– Le moins possible.

– je Vous prie de bien vouloir m’excuser…

– Elaine!

– Très bien Madame Helene. je Vous suis?”

Elle me reprit, visiblement agacée.

“Elaine.”

Elle fit un geste m’indiquant le chemin des parkings, et j’ accompagnais tremblant cette déroutante et redoutable beauté celtique jusqu’à Sa voiture, sans le moindre mot.

Si, dans ma vie “d’avant”, quand j’étais basiquement mâle, j’avais dû définir entre deux bières partagées avec mes copains le type de femmes qui me faisait craquer, nulle doute que j’aurais pu dépeindre les traits de Dame Elaine. j’imaginais que Dame Fulvie en avait conscience (Elle savait tout de moi), et me dis qu’il ne pouvais s’agir d’une coïncidence… je l’en remerciais, intérieurement… me retrouver dans la voiture de la Dame de la côte, avec comme perspective de faire Ses quatre volontés, n’était pas sans me faire trembler d’excitation, mais mon appréhension n’était pas moins présente. Elle me fit mettre une sorte de bandeau sur les yeux -du type de ceux que les Scandinaves mettent sur leurs yeux pour dormir durant les nuits trop courtes de leur été, et tout en pressant mes lèvres d’un doigt levé et ferme, m’intima un “not a word!” qui sembla absolutly non négociable, et où pointait un léger et sublime accent écossais, puis fit démarrer la voiture.

Les yeux fermés, les repères temporels se perdent, et l’esprit se balade.

je ne pourrais dire combien de temps nous roulâmes. Sans doute plus d’une heure. Il me semblait réussir à sentir son parfum, léger. Un mélange de lavande, avec un je ne sais quoi de frais, qui me faisait penser à l’air iodé de l’océan tout proche. je remerciais intérieurement Madame Fulvie de m’avoir mis entre de si belles mains, mais parallèlement, j’espérais que Dame Elaine n’était pas déçue du colis qu’Elle avait réceptionné. Il me faudrait être à la hauteur des attentes dont j’étais porteur, combler la Femme qui me conduisait… Et garder… la tête froide… Ce qui ne serait pas facile, mon esprit en ébullition.

La voiture s’arrêta enfin, Elle enleva mon bandeau.

La lumière du ciel, bleu et pure, m’éblouit.

L’endroit était magnifique et désert. Une petite corniche douce et herbeuse, en avant d’une maison blanche couverte de tuiles romaines, surplombant de petites dunes qui courraient jusqu’à une crique abritée. Le petit parking où Elle s’était garée était assez vaste, mais ne comptait d’autre véhicule que le Sien. je profitais du paysage une trop petite minute. Un “out” et un “follow me” plus tard, je descendais en La suivant la dune qui y menait, non sans regarder discrètement le vent jouer avec Sa jupe. Ma cage me rappela à mes devoirs, et je tentais de ne pas avoir remarqué qu’Elle ne semblait porter aucun sous-vêtement.

Une fois arrivée sur le sable, Elle déploya la serviette qu’Elle portait dans Son sac, s’y assit face à moi.

“Take off your clothes!”

j’enlevais donc veste, chemise, chaussures et chaussettes que je posais à Ses pieds, puis ouvrant mon pantalon, je voulus Lui faire part de ma réticence à l’enlever, bafouillant en mauvais anglais que s’il y avait des passants qui venaient jusqu’ici, ils pourraient voir “ça”.

“Not a word!” Fut Sa seule réponse, et je dus exhiber mon sexe encagé devant Ses beaux yeux visiblement ravis de ce qu’Elle découvrait.

Elle me sourit malicieusement, et pointa la Mer de Son délicat menton. je me retournais, et fus pris de panique en constatant qu’elle était basse, et que l’estran était si large que j’aurais à marcher plus que nu une bonne minute pour y arriver. On allait me voir, c’était certain, je me tournais à nouveau vers Elle, le regard suppliant, mais Son bras se tendit vers l’immensité salée.

“toi, au bain!”

je Lui montrais à nouveau ma cage, sans rien prononcer. Elle écarta, provocante et narquoise, Ses cuisses en réponse, me laissant entrevoir Son pubis rasé, et confirma ainsi ce que j’avais pu voir plus tôt.

Elle m’avait, déjà, mise à genoux… et ne l’ignorait pas… Elle pointa à nouveau le chemin que je devais prendre, puis claqua les doigts avant que je me décide à Lui obéir.

je courrais presque, mes deux mains cachant mon sexe, jusqu’à l’eau où j’entrais jusqu’à la taille le plus vite possible malgré sa fraîcheur, afin de soigner ma pudeur. Quelques instants plus tard, une fois certain qu’on ne pouvait rien voir de mon intimité, je me retournais vers la dune et La vit qui gravissait le chemin que nous avions emprunté… Emportant avec Elle mes vêtements…

Merde!

je vis qu’Elle avait laissé Sa serviette sur le sable, et après m’être assuré qu’aucun promeneur ne pouvait me voir, je pris la décision d’y retourner au plus vite, les mains toujours plaquées sur mon sexe.

Avant de l’atteindre, je vis qu’Elle m’avait laissé une enveloppe, qu’un gros galet empêchait de partir au vent. je déplaçais le caillou de granit, et lu “De la Dame de la Côte à petit homme”. Des instructions, sans doute. Pourtant, avant de les lire, je pris d’abord la serviette, la mis autour de mes hanches pour cacher mon sexe. Ensuite, seulement, je décachetais l’enveloppe.

“petit homme,
tu dois savoir que la patience est une des vertus premières d’un bon soumis. Sans doute ce que tu as vu t’a donné quelques envies, et Je suis certaine que nous trouverons tout à l’heure à en discuter.
Je veux que tu m’attendes, ici, sans bouger, la tête dans tes bras, allongé face contre terre, et les jambes légèrement écartées. tu ferais ça pour Moi? Je ne serai pas longue. Sauf accident!
La Dame de la Côte”

je replaçais donc la serviette, et m’installais comme on me l’avait ordonné, priant que cela ne dure trop longtemps, car je pressentais que mon cul blanc soit vite cuit pas le soleil qui commençait seulement à décliner.

mon attente fut incroyablement courte: je n’étais pas encore sec, malgré le vent du sud ouest et le soleil, avant que je L’entende revenir -ou que je sente Son ombre.

je savais qu’Elle me regardais. je ne bougeais pas. Elle posa un pied, d’abord sur mes fesses, puis l’enfila entre Mes jambes. Et j’entendis qu’Elle composa un numéro. toujours immobile, j’entendis une voix sans accent, suave, qui n’était pas celle de Dame Elaine parler.

“Fulvie, bonjour… Ca y est, j’ai reçu le colis, merci! Mais… je n’ai rien compris au mode d’emploi!”

Elle riait. Elles riaient sans doute…

“Tourne toi!”

je me retournais, gardant les yeux clos, Lui présentant ce qu’Elle voulait voir. Elle reprit Sa conversation tout en posant un pied sur mon sexe, en conquérante.

“En tout cas, je sais à quoi sert la clé, merci de me l’avoir confiée aussi!”

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