Chapitre 2

Quand j’entendis cette voix nouvelle, ma surprise fut grande, je compris que ce n’était pas Dame Elaine qui promenait maintenant Son pied nu et Son regard sur mon corps, cheminant doucement de mon pubis nu à ma bouche, je ne sus garder très longtemps les yeux fermés… ma curiosité ne pouvait être vaincue, et je les ouvrais enfin sur la Dame de la Côte.

“C’est comme ça que tu dis bonjour à une Dame, petit homme!?”

Son ton était sans appel, et je sus qu’il avait valeur d’ordre.

j’embrassais donc Son pied, puis j’en laissais pénétrer son gros orteil dans ma bouche, que je suçais docilement mais dès qu’il en fut sorti Lui demandais la permission de Lui rendre hommage plus convenablement. Elle m’y autorisa, et je me mis donc à genoux à Ses pieds, maintenant mes mains derrière mon dos, contraintes par Son seul pouvoir, et tête baissée, j’embrassais l’un après l’autre Ses pieds ensablés.

“je Vous prie de bien vouloir accepter les salutations de Dame Fulvie qui m’envoie à Votre service, et veux Vous signifier ma plus totale soumission, Madame.”

Une première impression est toujours marquante, c’est encore plus vrai quand la première action, les premiers mots qui s’échangent entre deux êtres sont porteurs de signification, si puissante. j’avais, par le subtile jeu qu’Elle avait imaginé en me faisant adopter par une Autre, été comme plongé, projeté, en une seconde, à Ses pieds, physiquement, bien sûr, mais bien au delà, et ni Elle ni moi ne pouvions l’ignorer, psychiquement.

Elle me dominait de toute Sa hauteur, et je me sentis dès cette minute transcendé par la Dame de la Côte, d’autant qu’Elle était plus âgée que moi, sans que le temps pourtant n’ait pu entamer Sa blondeur presque scandinave, Son élégance, Son charme incomparable, ni l’incroyable charisme dont Elle semblait nimbée. Bien au contraire, Sa beauté tout comme Son autorité avaient été renforcées, et, mais je ne pouvais alors que l’imaginer, le temps Lui avait donné une arme bien plus redoutable et fatale encore que Sa beauté indéniable quand il s’agit de gérer un mâle: l’expérience.

Comment trouver des mots qui expliqueraient mon ressenti à ce moment précis. je croyais vivre, après un cauchemar, un rêve éveillé, et d’ailleurs, je m’aidais à vivre cet instant comme tel, non pas pour me mentir, mais pour ne pas oublier que je n’étais pas ici pour mon bon plaisir, ni même pour celui de Dame Fulvie, mais seulement pour le plaisir de la Dame à Qui Elle m’avait donné.

Son âme rayonnait d’une telle autorité que je sus, dès cette première minute, que je serai heureux, par devoir, d’avoir à La satisfaire Toute.

Elle me demanda de mettre ma serviette autour de ma taille; la pinède qui entourait Sa propriété n’étant pas assez fournie pour nous garantir la tranquillité dont Elle aurait souhaité jouir, et je dois dire que je fus soulagé qu’Elle ménagea ainsi ma pudeur, trop heureux de pouvoir cacher le symbole de ma dépendance en transhumance. je dus me redresser, et m’aperçus avec surprise que nous avions presque la même taille. Pour autant, même debout face à Elle, je n’osais regarder Ses yeux, et me contentais de fixer la main qui tenait l’enveloppe que j’avais apportée.

Elle le vit, sourit et me dit:

“Très instructif, ton dossier!”

Puis avec un air espiègle, presque juvénile, Elle la secoua pour me faire entendre le tintement de la clé qui, je pensais, s’y trouvait…

“Et très complet!”

Elle m’invita à passer devant Elle, et j’escaladais la dune jusqu’au parking que je traversais sur la pointe des pieds pour ne pas qu’ils soient meurtris par les graviers qui le recouvraient, avant qu’Elle me pousse, pour me faire hâter le pas, jusqu’au petit chemin qui coupait en deux Son jardin et menait à Sa demeure.

Elle ouvrit en la faisant coulisser la grande baie vitrée qui faisait, côté jardin, face à la Mer, me fit un signe de tête, et à peine le pied posé sur le carrelage du grand salon dans lequel nous arrivions, Elle m’ordonna de m’arrêter. Sa main ouvrit la serviette, qu’Elle fit tombée.

“Ici, on me sert, NU!” Et accompagnant la suite d’une légère claque sur mes fesses, Elle insista d’un “Compris” qui ne laissait pas de place à la discussion…

“Mais faisons d’abord connaissance!”

Elle s’assit sur un fauteuil, et m’invita à m’installer sur un des deux coussins qui lui faisait face.

je m’accroupis donc à Son pied droit, et pour La satisfaire, mis mes deux mains sur ma tête.

Elle parcourait le dossier que Dame Fulvie Lui avait adressé, et s’en amusa… “Tiens, c’est curieux, Elle parle bien de ta langue, mais pas des langues que tu pratiques!” Elle me regarda, et demanda:

“tu parles anglais, petit homme?”

je savais Sa question loin d’être anodine, autant que ma réponse attendue.

“Assez pour comprendre un ordre, Madame.” Elle sourit. Puis, me rappelant le début d’après midi et parce qu’Elle attendait peut être cette précision, je complétais ma réponse.

“Pour autant, pas assez pour le discuter.”

Madame ouvrit grand Ses yeux aussi verts et profonds que ceux de Dame Elaine, j’espérais que son expression ne trahisse rien de négatif. Elle reprit mes mots.

“Assez pour comprendre un ordre, pas assez pour le discuter.” Elle se pencha vers moi, me caressa la joue avant d’ajouter. “Voilà qui est fort intéressant, bien plus que tu ne peux l’imaginer!”

Et Elle haussa la voix.

“Elaine, ça vient, ce muscadet!”

Et je vis entrée Sa soumise, divinement nue, un plateau entre les mains.

Elaine déposa le plateau sur un tabouret faisant office de table basse, puis servit les verres d’une manière qui trahissait son ignorance de nos us et coutumes. mon visage dut trahir mon étonnement que le verre qu’elle me tendait était presque rempli à ras bord, car Madame s’en amusa, et me dit, d’un air compris, que je m’occuperai d’dorénavant du service. Mais quand je remerciais Sa soumise d’un “merci, Dame Elaine” et que cette dernière montra sa satisfaction à me l’entendre appeler ainsi, Elle s’étrangla presque et s’emporta.

“Dame Elaine, et tu ne le reprends pas!

– Ce n’est pas moi qui me donne ce titre, Madame!

– Oui, mais tu te complais à te faire ainsi appeler, et surtout, j’imagine que tu as joué à ce jeu jusqu’à maintenant!”

Son regard noir la transperça. D’instinct, Elaine se coucha devant Elle, mais la décision de Madame était déjà prise. Elle cria:

“Cravache!”

Et Sa soumise se releva, pour aller armer le bras vengeur de Sa Maîtresse.

je ne savais quoi faire, je me prosternais à mon tour, Lui disant que cette méprise était de mon seul fait. Madame me repoussa du pied, je n’avais pas à discuter Sa décision. Elaine revint, et se positionna afin de Lui présenter sa croupe, en bonne soumise qu’elle voulait être. Sachant la sanction imminente, je me permis à nouveau d’essayer d’expliquer à Madame qu’elle m’avait repris, lors de notre rencontre à la gare, quand ayant compris qu’elle s’appelait Dame Hélène, je l’avais ainsi appelée, et qu’elle m’avait, je pouvais Lui jurer, bien dit de l’appeler Elaine.

Madame se montra inflexible, et pour toute réponse, me mit la cravache entre les mains.

“Trois coups, et vite!”

je me redressai, me tournait vers le cul tendu de Sa soumise… Qui m’inspirait bien des envies, mais pas celles de devoir le frapper.

“Madame, je ne saurais…” Elle me coupa, et gronda.

“tu ne pratiques peut être pas assez la langue de Shakespeare pour discuter un ordre en anglais, mais, mon Dieu, pour ce qui est de ton français, il va falloir le travailler. Pire que tout, tu n’as même pas eu la présence d’esprit de me dire que tu souhaitais subir sa punition à sa place: c’eût été la seule chose qui aurait pu la lui épargner. Mets toi dans la même position qu’elle, à ses côtés!”

je rendis la cravache à Madame, et rejoignis Elaine, en imitant sa position.

La cravache tomba trois fois sur ses fesses “pour substitution de rôle”, puis trois fois “pour avoir discuter Ses ordres.”

Les coups étaient secs, mais elle les avaient reçus sans broncher.

Puis se fut mon tour, Elle m’assena trois coups d’égale force, pour ce même second motif, avant de donner la cravache à Elaine, en lui disant qu’Elle lui laissait le pouvoir, si elle jugeait que j’avais manqué de courtoisie à son égard en ne me proposant pas pour lui éviter la correction qu’elle venait de prendre, de me punir elle-même.

Trois coups, bien plus fort, s’abattirent sur mes fesses, en punition de ma goujaterie.

nous remerciâmes Madame et promirent que nous avions compris la leçon. je m’excusais ensuite auprès d’Elaine.

Madame semblait redevenue sereine, Elle se moqua de nous, tâta nos fesses meurtries et nous fit rassoir, en nous invitant à trinquer au week-end qui s’ouvrait à nous.

S’il est vrai qu’on ne se sent soumis qu’à partir du moment où on accepte d’être corrigé, alors, il semblait que je devrais l’être, ce jour là, doublement.

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